Quercy et éducation

Au XIXe siècle, le niveau scolaire dans les villages quercynois reste particulièrement bas. En 1833 le département du Lot est au 71e rang ; seulement un élève sur 56 est scolarisé.

 La loi Guizot (28 juin 1833) oblige à la liberté de l'enseignement primaire qui n'est plus le monopole de l'Eglise ; elle impose aux communes d'entretenir une école. L'ordonnance du 23 juin 1836 complétera ce texte pour l'étendre aux filles. Mais ce n'est qu'en 1850 (loi Falloux), que l'obligation d'ouvrir une école pour les filles ne deviendra effective. Il n'était bien entendu pas question à l'époque de mixité !

Pourtant, en 1850, seuls 40% des garçons et des filles de 5 à 15 ans vont à l'école. Et encore, parmi ceux-là, environ un tiers manquent couramment la classe pour la période des grands travaux agricoles.

La scolarisation des garçons et surtout des filles a beaucoup progressé dans le Lot grâce aux communautés religieuses : 3 congrégations féminines hospitalières et enseignantes ont été créées au XIXe s. (notamment la Congrégation des filles de Jésus à Vaylats, qui ouvre 113 écoles de 1820 à 1914). En effet, avant la création de l’Ecole normale d’institutrices à Cahors, en 1887, le nombre des enseignantes laïques est très restreint. Les congréganistes permettent l’alphabétisation des filles en particulier en campagne même si cet enseignement a pour but de maintenir la dévotion chez des jeunes filles, futures épouses chargées de tenir le ménage et d’éduquer les enfants. Malgré la loi Goblet, qui prévoit la laïcisation du personnel enseignant dans les écoles publiques, en 1886, 150 écoles publiques de filles sont encore tenues par des religieuses en 1893. Le refus systématique des autorisations et la fermeture des établissements scolaires non autorisés en 1901-1902, la loi interdisant d’enseignement tous les congréganistes en juillet 1904 et la dissolution des congrégations avec la loi de séparation de 1905 achèvent la laïcisation des écoles publiques.(1)

 A la fin du XIXe siècle, les lois Ferry imposent l'enseignement laïque et obligatoire pour tous. Il s'agira là d'un réel progrès qui fera passer la scolarisation des garçons autour de 95% et celle des filles autour de 83%. Bien que les quercynois continuent à parler l'occitan, l'école contribue à généraliser l'usage du français et inculque les valeurs de la République.

 A Larnagol, il y aura un instituteur et une institutrice dès 1836. A partir de 1891, une deuxième institutrice sera en poste dans la commune.

 

(1) : Dossier pédagogique des Archives Départementales du Lot : La loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat (1905)