Le pressurier

Denis Gimbergues est né en 1843. C'est l'arrière grand-père de Pierre Couybes. On le surnommait le truèlou (orthographe non garantie), le truèlh étant en patois le pressoir.

Il a exercé le métier de pressurier. Ce n'était sûrement pas une profession qui l'occupait à plein temps ; cependant il est répertorié comme tel en 1881 et en 1886. On sait qu'il a exercé jusqu'à la fin du XIXe siècle, peut-être même au début du XXe siècle, comme en atteste le petit carnet dans lequel il conservait ses comptes.

 

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Le terme, un peu pompeux, de pressurier désigne celui qui produisait de l'huile à partir des noix. Denis Gimbergues travaillait avec un petit moulin, bien caché au coeur du village. Le moulin existe toujours.

La fabrication de l'huile de noix est une tradition dans le Quercy et le Périgord. Cette huile était utilisée pour la cuisine et pour s'éclairer.

Après avoir récolté les noix, il faut les laisser sécher. Le dénoisillage consiste à casser les noix sans les écraser pour en extraire les cerneaux.

On utilise 8 kg de noix pour avoir 4 kg de cerneaux qui produiront deux litres d'huile.

Au moulin, les cerneaux de noix sont broyés par une meule verticale mue par la traction animale, généralement un âne, conduit par un enfant. A l'opposé de la meule une raclette ramassait la pâte et le renvoyait au centre.

La roue du moulin à huile avec le joug de l'âne (Photo Antonin Morel)Le moulin à huile (Photo Antonin Morel)La poêle qui servait à chauffer la pâte (Photo Antonin Morel)Partie basse du pressoir. l'huile sortait par les orifices de la face avant. (Photo Antonin Morel)Le pressoir (Photo Antonin Morel)(Photo Antonin Morel)

La pâte obtenue est ensuite chauffée dans une sorte de grande poêle. C'est l'étape la plus délicate car il ne faut pas trop chauffer. La pâte cuite est enveloppée dans une toile de jute, puis pressée pour donner l'huile. L'huile de plus mauvaise qualité était utilisée dans le calel pour s'éclairer. Et comme rien ne se perd, les tourteaux, restes de la pâte après pressage, servaient à nourrir les animaux.

Remerciements : Pierre et Reine Couybes