Les croix

Qu'elles soient en fer ou en pierre, modestes ou imposantes, rouillées, penchées, en ruine ou fièrement entretenues, impossible de ne pas s'émouvoir devant ces témoins du temps passé que sont les croix. Nos ancêtres les ont érigées, pour une occasion ou dans un but particuliers, là, à cet endroit précis !

Déjà présentes depuis l'antiquité où elles symbolisent l'immortalité, les croix couvrent les campagnes au Moyen-âge. La signification de la croix est multiple : prise de possession du sol par Dieu, symbole de sa présence, rappel d'un événement ou d'un homme, limite de territoire, point d'arrêt du voyageur,...Difficile de faire le tour de toutes les occasions données à l'homme d'ériger une croix.

Les croix de village, souvent situées devant l'église, étaient appelées hosannières car c'est devant elles que l'on venait chanter l'Hosanna des Rameaux ; c'est le cas de la croix devant l'église de Seuzac. D'autres situées sur la place du village, rappellent la présence et l'universalité de Dieu, comme celle de la place de Larnagol. Dans le cimetière, la croix est là en témoignage et pour le souvenir de ceux qui sont morts. A l'extrémité des hameaux, elles auraient une fonction indicatrice pour se rendre à l'église dont dépend le village. La première croix se trouvant à la sortie du hameau et les autres à chaque carrefour. Il est souvent vérifié que la position de la dite croix donne la situation du hameau par rapport à l'église dont il dépend.

Les croix de limite : Ces croix étaient érigées à la limite d'une paroisse ou d'un diocèse et servaient à délimiter les villages disposant d'un statut particulier ou d'une franchise. Lorsqu'une de ces croix venait à tomber, il fallait l'autorisation du seigneur des lieux pour la relever, pour éviter toute fraude sur les limites.

Autres croix : Les croix se trouvent aussi près des fontaines, sources, arbres sacrés. Les croix de chemins sont indicatrices pour les voyageurs et sont aussi l'occasion d'un arrêt et d'une prière. Parfois la croix est dressée à l'occasion d'une mort subite à l'endroit même où le décès a eu lieu, en souvenir de la personne disparue.

Une guérison, le retour de la guerre, une conversion, ou encore l'acte de piété collective d'une paroisse, sont des origines fréquentes de présence d'une croix. Le caractère sacré de la croix est indéniable, la mutiler est une profanation. Elle a été pendant un certain temps considérée comme un lieu d'asile au même titre que l'église elle-même.

Sur le territoire de Larnagol, il y a 18 croix en pierre ou en fer. Quatre d'entre elles sont situées à Seuzac (sans compter celle qui se trouve au croisement de la route de Cajarc). On en trouve également quatre dans le bourg auxquelles il faut ajouter celle de la place de l'église, une autre aux Trincades et une au Ruisseau. Les autres sont situées plus à l'écart, voire vraiment loin du centre : Triel, mas de Gibert, Langle, Neules,...