Les accidents du Lot

Tout le monde a entendu parler de l’accident du 1er janvier 1762 qui coûta la vie à 62 personnes.

L’an mil sept cens soixante deux le premier janvier se sont noyés environ soixante deux paroissiens de Calvignac, dont un seul de Larnagol, son mortuaire ci dessous écrit, venant à la messe matutinale de Larnagol, et étant tous dans le bateau qui coula à fonds. Je soussigné ay écrit ce malheur arrivé dans le présent registre pour que nos successeurs de Calvignac et Larnagol fussent attentifs à dire autant qu’il se pourra la messe matutinale dans chaque paroisse, parce qu’il y a toujours plus de monde à la messe du matin, on prend mieux son tems ensuite pour aller à la messe dernière dans les autres paroisses et pas là. on pourra plutôt éviter un pareil malheur, les bateliers ne peuvent souvent pas empêcher une foule de gens qui se pressent de passer et chargent trop les bateaux. Roldès Curé

L’an mille sept cens soixante deux et le premier janvier Pierre Pratmarty peigneur de laine âgé d’environ soixante huit ans qui avoit toujours vécu en très bon catholique et qui avoit fait sa communion aux dernières fêtes de Noël, venant de Calvignac fut submergé avec les susdits paroissiens dudit Calvignac. Son corps fut trouvé sur le bord du Lot dans la paroisse de Montaignac [Montanhac] ou tour du fauré [Tour de Faure] et reconnu par plusieurs de ses parents le vint septième du dit mois et an. Il fut enterré dans le cimetière de la ditte paroisse le lendemain par ??? Cerede vicaire qui m’en a envoyé son certificat par lui signé. Roldès curé

Jadis le Lot était essentiellement une voie de communication. La rivière servait au transport des marchandises sur une grande partie de son cours qui était alors navigable. C’était aussi le moyen de transport privilégié lorsqu’on voulait rallier deux communes situées de part et d’autre de la rivière, comme Calvignac et Larnagol.

Le passeur avait un petit local, connu sous le nom de « la maison du passeur », situé au port de Larangol. il traversait le Lot sur un bac, emmenant hommes et bêtes d’une rive à l’autre.

Ce 1er janvier 1762, les habitants de Calvignac embarquent pour assister à la messe à Larnagol. Aucun n’arrivera de l’autre côté. Il faut dire qu’en ce temps peu de personnes savaient nager. En dehors de sa fonction de transport, on ne pratiquait pas le Lot. Tout au plus les hommes se lavaient-ils près des berges. Quant aux femmes, il n’était pas question de baignade. Leur seul contact avec l’eau de la rivière, c’était les jours de lessive.

Si cet accident est resté dans les mémoires, c’est probablement à cause du grand nombre de victimes. Cependant, au fil des archives, on trouve d’autres accidents, souvent concernant des enfants. S’agissant d’actes de sépulture, la relation des faits n’indique pas précisément comment les personnes ont péri .

Voici quelques mentions relevées dans les archives de Larnagol.

Le huit juin mil sept cent six on arrêta icy le cadavre d’une fille qui s’était noyée en haut et que l’eau entraînait, elle parut âgée d’environ quatre ans et fut enterrée suivant les cérémonies de l’église au cimetière de Neules ; présents Jean Labanie et Anthoine Lavastrou non signés.

Le neuf juin mil sept cent six vint icy guilhaume Vitrac accompagné d'Anthoine Caribe ? son cousin germin du village d’Areles ? sur la rivière d'Olt lequel guilhaume a déclaré que cette fille que l'eau entrénait et qu'on arrêta icy hier était sa propre fille nommée jeanne et âgée come dit de trois ans et demy et laquelle s'était noyée le quatrième du présent mois; laquelle déclaration il a faite en présence de Jean Chalou rouzet host et de François Delvios? (ou Delcros ) mon valet qui ont signé avec moy non Guilhaume Vitrac ni son compagnon pour ne savoir.

Le vingt et unième 7bre [septembre] 1727 le cadavre de la susdite Françoise Breil noyée, fut trouvé à la Toulsanie et porté au cimetière de Neules où il fut enterré avec les cérémonies de l'église; présents Anthoine Gendrac meitré ? et Jean Sudré menuisier du présent lieu non signés.

L’an mille sept cents soixante et dix neuf et le treizième juin s’est noyée dans la rivière du Lot à Larnagol Marie-Anne Hébrail carade âgée d’environ dix ans fille légitime de Raymond Hébrail carade et de Marie Castanet mariés dudit Larnagol. Elle a été trouvée le onzième jour après et a été enterrée ce même jour au cimetière de cette paroisse en présence d’Antoine Gardou dit ???? et de Noël Desplas travailleurs habitans de Larnagol illiterés [illettrés] de ce requis. Daudel curé

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