Etude archéologique (1)

LE CASTRUM ET SES LIMITES

Le noyau fortifié s'échelonne en deux plateformes, elles mêmes composées de paliers successifs dominant les deux rues publiques implantées dans le fond des deux combes qui descendent du causse. Sur le flanc occidental de la partie haute, deux terrasses étayées par de hauts murs de soutènement permirent d'étendre l'arrête rocheuse et de gagner ainsi l'espace de patus et de jardins suspendus. Les maçonneries ne présentent pas de vestiges antérieurs à l'époque moderne sauf au niveau de la terrasse supérieure où le mur englobe parmi plusieurs séquences de construction un tronçon médiéval réalisé en moyen appareil de moellons calcaires régulièrement assises suggérant le tracé d'une première enceinte rattachée au château primitif et à son donjon (Ll, D - Fig. 1). Les contours du castrum sont déterminés sur la face orientale par le relief, où une rupture abrupte du socle calcaire marque nettement la limite avec le bourg. La clôture reste imprécise au nord où la topographie même du site, faute de relief ou de dépression naturelle, nécessita au bas Moyen Age sans doute la construction d'une ligne défensive. Une tour bastionnée des XVe-XVT siècles cantonnée par un portail d'entrée27 desservant au XVIIIe siècle un cheminement partiellement couvert, et instauré très certainement sur l'emprise d'une circulation antérieure, atteste sur l'angle nord-ouest la bordure du castrum (TB, P. CH - Fig. 1).

Au sud et en contrebas de ce premier palier, le dénivelé et l'étroitesse de l'éperon imposa l'édification d'un mur d'enceinte soutenant une terrasse artificielle. Ici encore, l'état médiéval n'est représenté que par un tronçon de maçonnerie maintenu au sud-est (E - Fig. 1). Sans doute celui-ci filait-il vers le nord pour refermer le périmètre du castrum ? L'aire fermée de la basse-cour qui borde la rue publique ne présente pas actuellement de vestiges antérieurs au XVIIIe siècle. On remarquera cependant que le pontet servant d'accès aux jardins mis en œuvre au XVIIIe siècle intègre les maçonneries d'un passage couvert antérieur qui pourrait situer une porte de ville datant de l'époque moderne.

Chateau_Figure_01.jpgChateau_Figure_02.jpg

Extrait de "Le Castrum de Larnagol", étude de Valérie ROUSSET publiée dans le bulletin de la Société des Etudes du Lot, Tome CXXIII - Avril-Juin 2002

Publié avec l'aimable autorisation de l'auteur