Le conseil paroissial en 1913

Depuis la loi de séparation de l'état et de l'église, le conseil de fabrique est devenu le conseil paroissial.

A Larnagol, il semble que cela ne soit devenu une réalité que depuis 1912/1913. En effet il n'y a aucun compte pour la période de 1906 à 1912. Comment la paroisse a-t-elle géré ses biens, ses recettes, ses dépenses ? La question reste posée. On peut penser que certaines bonnes volontés (anciens membres du conseil de fabrique) ont continué à tenir un livre de recettes/dépenses « officieux ». Le compte-rendu de la séance du 29 juin 1913 retranscrit ci-dessous fait état de dépenses en 1908 et 1912. On peut également penser que les recettes des chaises ont continué à courir bien que n'étant indiquées dans aucun document.


Le conseil de fabrique dissout par ordre de Monseigneur Laurens, évêque de Cahors, le 13 décembre 1906, à la suite de la loi de séparation de 1905, a été reconstitué par ordre de Monseigneur Pierre Célestin Cézérac [3] sous le titre de conseil paroissial. Il est composé des membres qui constituaient l'ancien conseil de fabrique. Ce sont M M Gustave Vinel, maire et notaire à Larnagol ; Jean Pierre Thalamas de la Trincade ; Baptiste Breil de Larnagol ; Louis Peyre de Larnagol ; Jean Pierre Chalou et Florent Vinel tous les deux de Prémiac et Jean Gabriel Taurand, curé.
Le conseil constate d'abord que malgré les temps troublés que vient de traverser l'église de France, la paroisse n'a pas trop perdu de son esprit religieux. Des améliorations ont été faites dans l'exercice du culte. Des réparations importantes ont été faites à l'église ainsi qu'au presbytère : En 1908 l'église augmente son mobilier par l'acquisition d'un ornement complet en velours noir. En 1910 Mr le curé aidé de Mr Ludovic Vinel et de Mr Albert Toulza du causse, passe dans toutes les maisons de la paroisse afin de prélever les fonds nécessaires pour la reconstruction de l'escalier de l'église. Cette grande réparation demandée par toute la paroisse est terminée en 1911 au mois de décembre au prix de 808 f 20. Enfin en 1912 le presbytère est agrandi par la construction d'une chambre. Ici Mr le curé rend hommage à toute la paroisse qui lui fournit tous le bois nécessaire et qui a de plus fait gracieusement tous les transports. (1)
Le conseil constate ensuite que l'œuvre du denier du clergé est en honneur chez nous. Seule une famille des plus riches de la paroisse par mauvais esprit se refuse obstinément à participer à cette œuvre ; au reste c'est cette même famille qui ne voulut pas prendre part à la reconstruction de l'escalier de l'église.
Grâce au désarroi des premières années de la loi de séparation les ressources du culte se ressentaient un peu du mauvais esprit de certaines personnes et les chaises n'étaient payées que par un petit nombre. Depuis l'année 1910 ce n'est au contraire qu'un tout petit nombre qui semble vouloir préférer à une règle de l'église un décret quelconque dont l'autorité n'est pas reconnue en pareille matière. Le conseil paroissial sera mis au courant et saura exactement quelles sont les familles qui sont en règle soit pour le denier du clergé soit pour le denier du culte.
Enfin, le même conseil paroissial, après avoir pris connaissance des obligations et des charges qu'il assume, approuve sans réserve toutes les mesures prises par Monseigneur l'Evêque ; il s'engage en particulier à aider Mr le curé dans la perception des fonds nécessaires à l'exercice du culte, le soutiendra au besoin dans l'application des sanctions portées par l'autorité contre les personnes réfractaires ; et passe enfin à la révision des comptes pour l'année 1912.
Du 1 janvier au 31 décembre 1912, les recettes faites pour le compte de l'église s'élèvent à la somme de 393,45. Cette somme provient d'un petit boni de 1911, des quêtes du 2° dimanche de chaque mois, de la location des chaises et de la cire.
Les dépenses s'élèvent à la somme de 405,50 f. Elles comprennent les dépenses ordinaires qui existaient déjà dans les comptes de l'ancien conseil de fabrique et une dépense exceptionnelle de 50 f. occasionnée cette année par l'acquisition d'un ombrellino [2]. Cette dépense met les ressources du conseil paroissial en déficit pour l'année 1912 et il a fallu prendre pour équilibrer les comptes la somme de 12,05 sur l'exercice 1913.
Enfin le conseil paroissial approuve les conventions et dépenses faites et consenties par M. le curé à Louis Chalou et à Louis Pégourié relatives aux sonneries de famille et prélèvement des chaises.


(1) en marge : Cette réparation me coûte 1017 f, je compte en jouir tant que le Bon Dieu me le permettra. En cas de changement ou de décès je ne réclame rien pour moi ni pour mes héritiers.


[2] Ombrellino : sorte d'ombrelle plate, à long manche, portée lors de processions en signe de révérence, pour abriter le Saint-Sacrement, le pape, un cardinal, un évêque ou certains hauts dignitaires de l'Église.

[3] Pierre Célestin Cézérac : évêque de Cahors, puis archevêque d'Albi

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