Le pape et la papesse

Là-haut sur le causse, dans ce mas de Gibert, isolé au milieu de nul part, vivait Philippe Ayral et Marie Bousquet, cultivateurs de leur état. Philippe passait pour un homme qui jurait beaucoup. Le causse a dû entendre souvent l'écho de ses « macarel ! ».

Mais on dit aussi que, dans les mauvais moments, il invoquait le pape, comme si le saint homme était responsable de ses ennuis quotidiens, ou peut-être l'implorait-il de l'aider à les résoudre. On ne saura jamais le fin mot de l'histoire. Toujours est-il que le surnom de « Pape » lui fut attribué d'office par la population qui entendait l'écho de ses invectives. Lou Papé !

Du coup, le mas de Gibert fut promu au rang de « Vatican », avec l'aide de la bonne vieille logique paysanne.

Philippe et Marie ont eu cinq enfants. Almaric, François, Hélène, Gabrielle et Maria. Seule Gabrielle est resté vivre là-haut, sur le causse. Aussi l'appela-ton « La Papesse » puisqu'elle restait la « seule » fille du Pape.

 

Les plus anciens l'ont bien connue. Ils ont encore en mémoire cette femme, d'apparence si frêle, et pourtant si courageuse. Bien sûr elle ne dédaignait pas aller danser, allant même jusqu'à Decazeville pour cela.

Mais il reste surtout le souvenir de la papesse qui descendait jusqu'au bourg pour rendre visite à sa sœur Hélène qui y habitait dans une petite maison au début de l'actuelle rue Centrale.

Et qui retournait seule jusqu'au mas de Gibert, sur ce causse qu'elle aimait tant et qui était toute sa vie.

Vous pouvez retrouver certains poèmes de Gabrielle Ayral (en français et en occitan) en suivant ce lien.