Le sabotier

La plus ancienne vente de sabots attestée est datée du 16 février 1348 à Rodez. Toutefois le sabot ne connaîtra une véritable expansion qu'à partir du XVIIIème siècle.

Le monde rural, qui constitue alors la grande majorité de la population, est grand consommateur ; le sabot connaîtra une période faste jusqu'à la Grande Guerre. En 1929, il y avait encore 23.170 sabotiers en France. Entre les deux guerres mondiales, le déclin commence à s'amorcer. En 1950, la généralisation de l'usage du tracteur pour lequel les bottes sont plus pratiques que les sabots, donnera le coup de grâce aux sabotiers.

A Larnagol, on trouve le premier sabotier en 1872. Il s'agit d'Hyppolite LABRO, originaire de Saint-Martin-Labouval, mais installé à Larnagol depuis son mariage avec Rose MOULY.

En 1876, Lucien PORTES exerce également dans la commune.

En 1881, Hyppolite LABRO n'est plus mentionné comme sabotier, mais comme cultivateur. On peut penser que son activité d'agriculteur a pris le pas sur celle de sabotier. Par contre Lucien PORTES fabrique toujours des sabots, aidé par ses fils Paul et Eugène.

En 1886, on trouve Louis DELLUC et Hyppolite LABRO. Il n'y a plus de mention de la famille PORTES. On sait que Paul, le fils de Lucien, ne prendra pas la suite puisqu'il sera ensuite forgeron.

En 1896, seuls Hyppolite LABRO et son fils Paulin sont recensés comme sabotiers. Toutefois ce dernier pratique également le métier de coiffeur, ainsi qu'il est attesté en 1901. Auguste DAJEAN est également sabotier en 1901.

En 1911, année du dernier recensement à notre disposition, les seuls sabotiers sont Auguste DAJEAN, Hyppolite et Paulin LABRO. Toutefois Hyppolite LABRO a déjà 67 ans et, peu après, Auguste DAJEAN restera le dernier sabotier de Larnagol.

Comme on le voit, et c'était souvent ainsi dans les régions pauvres, lorsqu'il travaillait sans ouvrier, le sabotier subsistait humblement. Il avait alors recours à une autre activité d'appoint : il était souvent barbier ou coiffeur, parfois il tenait une buvette. Ainsi Hyppolite LABRO est à la fois agriculteur et sabotier. Son fils Paulin est tour à tour coiffeur et sabotier.

Ainsi qu’en atteste son journal de dépenses, le 28 octobre 1869, Pierre Aymard achète une paire de sabots pour sa femme et une autre pour sa servante. Cela lui revient alors à 1,80 franc. Une paire de sabot coûte presque le revenu d’une journée de travail d’un ouvrier agricole. Le 27 mars 1898, il en achète une autre paire pour un prix de 0,90 franc. En trente ans, le prix des sabots n’a pas augmenté ; on imagine bien que le bénéfice du sabotier  s’amenuise au fil du temps. Seuls les moins fortunés ont encore recours aux sabots, les plus aisés se tournent maintenant vers la cordonnerie.