Les caprices de la météo

Certes, Larnagol n'est pas plus sujet qu'un autre lieu aux caprices du ciel. Depuis que la mémoire en a gardé trace, toutes les régions de France ont été touchées un jour ou l'autre par une de ces calamités atmosphériques dont on se souvient, qui laisse des séquelles et qui a parfois des conséquence dramatique.

Nous ne les évoquerons pas toutes ici, mais nous nous contenterons d'en citer quelques unes qui ont été suffisamment marquantes pour en trouver une relation écrite.

Les hivers rigoureux :

L'hiver 1709-1710 reste la référence en matière d'hiver rigoureux, au point qu'on l'appelle « le grand hyver ». Longtemps il sera relaté dans les manuels scolaires. La plupart des cours d'eau gelèrent, les arbres moururent, la température descendit à -35°. Les maisons n'étant quasiment pas chauffées, plus de 600.000 personnes décédèrent. On dit même que le vin gelait même dans les verres du Roi-Soleil, ou que les oiseaux tombaient du ciel, morts de froids !.
A Larnagol, il est noté : ... les bestiaux mouraient ... les corbeaux faisaient mourir les cochons en les becquetant....

Plus près de nous, en 1956, le village connu encore un hiver très froid. Le Lot était gelé et certains anciens de la région affirment l'avoir traversé à pied. La température de -10° dura du 1er au 25 février .

Les sécheresses :

Il est notoire que le village est plus habitué aux sécheresses qu'aux hivers froids. Peut-être est-ce pour cela qu'on trouve peu de mention de sécheresse.

Une grande sécheresse dans la région est signalée en 1785 ... la rivière du Lot était si peu marchande (navigable) qu'on ne pouvait plus voiturer les denrées et les marchandises.

En 1906, on trouve également dans les délibérations du conseil municipal la trace d'une grande sécheresse.
Plus récemment, tout le monde se souvient de l'été 1976 ou de celui de 2003 qui furent particulièrement chauds avec des périodes caniculaires.

Les gros orages :

En septembre 1893, Une pluie torrentielle est tombée dans l'après-midi du 12 sur Cahors et les environs. Dans l'arrondissement de Figeac la pluie est tombée également en abondance ; des arbres ont été déracinés par le vent qui soufflait en tempête. Lundi vers quatre heures du soir, la foudre est tombée sur la grange de M. Olié, au mas de Montalban, commune de Larnagol, et lui a tué une paire de boeufs qu'il avait dans ladite grange. (1)

En avril 1895, un orage a éclaté à Cajarc et Larnagol. Des éboulements de gravier causés par la ravine ont coupé les routes en plusieurs endroits, et à dix heures du soir il y avait encore des endroits ayant 15 centimètres de grêle. La voie ferrée a été coupée par le débordement des eaux à la sortie de Cajarc et il a fallu opérer des transbordements en voiture de Cajarc à Seuzac. (2)

Le Conseil municipal du  30 juillet 1899 demande des secours pour la réparation des chemins ravinés par l'orage. Divers chemins de la commune ont été fortement dégradés et rendus impraticables par l'orage du 14 mai 1899 notamment le chemin dit de Cas, la rue qui traverse le village de Larnagol, le chemin dit de Lair et le chemin dit du Salès (ce dernier à Seuzac). Le CM demande une subvention au préfet.

En août 1905, vers cinq heures, un orage épouvantable s'est abattu sur les communes de Larnagol, Calvignac, cénevières, Saint-Martin-Labouval. La grêle a fait de grands dégats ; les tabacs, qui allaient être rentrés, sont détruits ; les vignes ont aussi beaucoup de mal. Les propriétaires qui perdent leurs récoltes sont dans la désolation. La grêle ajoutée à la sécheresse de l'année dernière leur rendra encore l'année mauvaise. (3)

Le Conseil municipal délibère le 2 novembre 1924 : M le Préfet invite à voter un secours en faveur des communes sinistrées par suite des orages de grêle. Le Conseil indique que la commune a été en partie sinistrée, la grêle étant tombée à trois reprises différentes dans certains cantons et certains propriétaires ayant eu des pertes assez considérables, à son regret, ne peut venir en aide aux communes plus sinistrées.

Gros orage vers 1956 : rues et chemins très ravinés et gros dégâts aux jardins du « Ruisseau » (le ruisseau avait ses berges soutenues par des murs jusqu'à son arrivée au Lot ou presque !).

Le 1er septembre 2011 : Lors du violent orage du jeudi 1er septembre, à Larnagol et Calvignac, ce sont 140 mm d'eau et des grêlons plus gros que des œufs de pigeons qui, pendant une heure, se sont abattus sur ces deux communes. De nombreux dégâts sont à déplorer : murs de soutènement effondrés, toitures endommagées, habitations inondées, cultures sinistrées, chemins ruraux dévastés, coulées de boue, pierres, arbres sur la route...  (4)

Au conseil municipal du 5 juillet 1931, il est question d'une calamité atmosphérique sans plus de précision (sûrement encore un orage) : Le président donne connaissance d'une lettre de M le Préfet l'informant qu'un secours de 9000 F a été accordé à la commune pour la réparation des dommages causés en 1930 par les calamités atmosphériques aux bâtiments communaux.

Les inondations :

Conséquences indirectes des pluies abondantes chez nos voisins de l'Aubrac et de la fonte des neiges, les inondations ont laissé leur marque à Larnagol. Nous en parlerons plus complètement dans un autre article.

Article publié avec le concours d'André Fizames

(1) l'Express du Midi - 15 septembre 1893
(2) l'Express du Midi - 19 avril 1895
(3)l'Express du Midi - 17 août 1905
(4) La dépêche - 07 septembre2011