La lessive

A une époque où il suffit de mettre le linge dans la machine et d’appuyer sur un bouton, on a du mal à imaginer ce qu’était la lessive autrefois.

Il y a peu de traces écrites de ce travail domestique dont, heureusement pour nous, les plus anciens se souviennent avec une netteté étonnante.

Jusqu’au milieu du XXe siècle, à Larnagol comme dans beaucoup de villages de la campagne, on pratiquait la lessive à la cendre. Cette lessive n’avait lieu qu’une fois par an, ce qui obligeait à avoir une grande quantité de linge, notamment pour le linge de maison. Les foyers les plus modestes, qui n’avaient pas ces moyens, étaient obligés de faire la lessive plus souvent ; il s’agissait alors plutôt d’un décrassage et d’un lavage succinct.

Le technique de la lessive à la cendre (aussi appelée buée ou bugado) est bien connue, tant elle était pratiquée dans les campagnes. Dans un grand cuveau, le badignou, on disposait le linge, recouvert de cendres. On versait ensuite de l’eau chaude qui traversait le tout, nettoyait et s’écoulait en bas ; on réchauffait l’eau et on recommençait. Cercle fastidieux, pénible que les femmes répétaient inlassablement pendant une journée (sans compter les corvées de bois pour alimenter le feu). Il fallait ensuite charger les linges mouillés (donc très lourds) dans des paniers, sur une brouette ou une charrette pour aller les battre et les rincer à la rivière. On les étendait ensuite pour le séchage.

Même si les « ragots » égayaient les conversations entre femmes au bord de la rivière, l’opération qui s’étalait sur plusieurs jours restait fatigante. Elle a pourtant perduré jusqu’au milieu du XXe siècle, avec quelques progrès timides. Bien évidemment, tant que l’eau courante n’est pas arrivée dans les maisons, il n’était pas question de machine à laver le linge. Les premières arrivèrent au milieu des années 60, mais certaines ménagères ne les ont connues que vers 1970/1980. Il ne s’agissait que de machines qui battaient le linge ; il fallait encore le rincer et m’essorer manuellement.

Mais laissons les anciens nous en parler.