La plaine de Prémiac

AU XIXe siècle, et plus particulièrement dans la seconde moitié, le Lot est sujet à de nombreuses crues importantes. Il n’y alors aucun moyen de régulation du débit comme il en existe aujourd’hui. La plaine de Prémiac est l’une des premières concernée par les variations de hauteur de la rivière.

Un compte-rendu du Conseil Municipal daté de 1875 précise : ... à la dernière inondation l'éperon bâti en moellons au lieu de Langle pour protéger la plaine de Prémiac n'ayant pu résister à la merci des eaux avait entièrement disparu. Dans cette situation les eaux menacent de partager la plaine de Prémiac en deux et de mettre à sec l'écluse de Larnagol.

La plaine de Prémiac représente en ce début de XXe siècle une surface de plus de 100 hectares.  Elle est délimitée au sud par la courbe du Lot et au nord par le chemin de grande communication n°33 (actuelle D662). Les crues répétées de la rivière menacent les terres et une déviation du cours risque de les isoler sous la forme d’une île.

Sur cette carte, on peut voir le Lot (en bleu ciel), les zones de crues fréquentes qui se produisent tous les 5 à 15 ans (en bleu foncé) et les zones de crues exceptionnelles (en bleu moyen).

Ces terres sont cultivées par des agriculteurs de Larnagol et Saint-Martin-Labouval. Ils décident de créer une association afin de financer et faire exécuter les travaux nécessaires à la protection de la plaine.

En 1901, sous l’impulsion de Pierre AYMARD, conseiller municipal et important propriétaire domicilié au mas de Piché, une requête en ce sens est adressée au préfet afin d’alerter les pouvoirs publics. Mais, hier comme aujourd’hui, l’administration met du temps...

Au courant de l’été 1903, l’association syndicale pour la défense de la plaine de Prémiac est officiellement créée, sous administration provisoire de Pierre AYMARD. Elle tient sa première réunion le 4 octobre 1903 pour élire ses administrateurs. Pierre AYMARD en devient alors le président.

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De réunion en réunion, les avis d’experts et les plans d’ingénieurs sont examinés, soupesés puis validés. Le coût des travaux est estimé à un peu plus de 12.000 f. (1) Simultanément des subventions sont demandées. En 1906 le syndicat en obtiendra une du ministère de l’Agriculture et une du ministère des Travaux publics, chacune à hauteur du tiers du montant total. Quelque 4.000 francs restent à trouver. Ils seront demandés aux agriculteurs concernés au prorata des surfaces cultivées.

Le budget équilibré le 17 Juin 1906, les travaux devaient débuter avant le 1er Janvier 1908. Ceux-ci ont été effectués par l'entreprise Maillebiau. Une réception provisoire eut lieu le 20 Septembre 1908 et la réception définitive en présence monsieur Pic, Agent des travaux et monsieur Maillebiau entrepreneur s'effectua le 9 Avril 1909.

 

Pour consulter le journal de l’association ainsi que les différents courriers échangés avec les administrations, cliquez ici : 

Remerciements : Anne-Marie VERNET

 

(1) Compte tenu de l'érosion monétaire due à l'inflation, le pouvoir d'achat de 12000 anciens francs en 1903 est le même que celui de 45778,00 euros en 2012.