La place du village

La place et tout le bas du village ont été profondément remodelés lors de la construction du chemin de grande communication n°33 (actuelle D662) vers 1865.


Plan de la place sur le cadastre napoléonien

Le plan qui suit (agrandissable) permet de mieux se rendre compte des évolutions qu'a subi la place de Larnagol au fil du temps. Cette carte superpose le cadastre napoléonien (début du XIXe siècle) et le plan dressé à l'occasion de la construction de la route. Le tracé de cette route est coloré en vert foncé. On voit bien que ce tracé recouvre une partie du Lot, délimité par les pointillés rouge sur le cadastre napoléonien. On en trouvera l'explication plus loin.

place1.jpg

La place, telle qu'elle était au milieu du XIXe siècle, est figurée en rose (C). Le niveau général de la voirie était plus bas qu'aujourd'hui, ce qui a nécessité la construction d'un viaduc (D) sous lequel on passe maintenant pour aller au port. Le trajet que suivaient les habitants avant la construction de la route est représenté par les points bleus ; à gauche, il descendait du causse, passait sous l'ancienne maison des THALAMAS (B) qui chevauchait le chemin (actuelle maison de Janie WHYLD), rejoignait la place en passant le long de la maison DAJEAN, contournait l'église avant de remonter vers les Trincades. La maison située en (A) a été démolie.

Plan de la place vers 1850

La cale du bac n'existe certainement que depuis 1840 ; à l'époque elle n'était pas dallée (cela a probablement été fait vers 1895). L'église n'a pas encore été agrandie (elle le sera en 1872) et possède son ancien escalier modifié certainement vers 1905. L'orme séculaire trône au milieu de la place mais celle-ci était à un niveau beaucoup plus bas que le niveau actuel.

Le bas du village devait ressembler à cela

Depuis longtemps la berge du Lot, au niveau de la place, avait servi de décharge. En effet en 1882 le Conseil Municipal délibère ainsi autorisation de décharge publique : Le bourg de Larnagol qui est situé dans une gorge très étroite aux abords de la route qui borde le Lot manque d'espace.  Aucun endroit susceptible de recevoir les déblais et les plâtras provenant soit de la réparation des maisons d'habitation soit de la démolition des vieilles maisons. En conséquence il propose de demander à M le préfet du Lot l'autorisation de déposer les dits plâtras et débris sur le bord du Lot et sur une longueur qui serait naturellement déterminée par la distance entre la croix située sur la voûte qui conduit au Lot et le 3eme des platanes qui sont plantés sur le talus de la route dominant la rivière.

C'est cette décharge qui a permis l'agrandissement progressif de cette place ; agrandissement poursuivi volontairement après 1973. A ce sujet, c'est le 12 août 1972 qu'est publié un décret sur les ordures : le dépôts des ordures ménagères et en tout genre est formellement interdit en bordure de la route nationale N° 662 sur tout le territoire de la commune.

L'orme a été coupé vers 1953 ; il représentait un danger car son tronc était creux, mais c'était cependant une joie pour les enfants qui entraient dans le trou pour se cacher ou pour se faire photographier. Cet orme était utilisé lors des fêtes votives du premier dimanche de mai pour supporter les guirlandes de mousses ; on dit même que sa grosse branche latérale, au dessus de la place, servait autrefois à suspendre afin de le dépecer le bœuf gras qui était tué lors de cette fête.

 

La place, côté Lot, a encore changé d'allure certainement en 1973 car c'est à cette date que le Conseil Municipal examine l'aménagement de la place publique et l'abatage de platanes.

 

La fête sur la place

Plan de la place vers 1950

Terminons par une anecdote au sujet de la place :
Le 3 octobre 1874 - stationnement des dimanches et fêtes.
Arrêté : à partir de la promulgation de cet arrêté il est défendu de ne laisser stationner les jours de dimanche et fêtes de l'année aucune charrette ou voiture quelconque sur la place publique. Il est également défendu d'y déposer des matériaux quelconques capables d'encombrer la dite place. Contraventions constatées par procès-verbal et punies conformément aux lois.

Des recherches ont été entamées pour savoir si cet arrêté est toujours en vigueur...

Sur la base d'un texte d'André Fizames, publié avec son aimable autorisation.