16 septembre 1959

Tous les larnagolais le savent : la fin de l'été et le début de l'automne sont propices aux foudres du ciel. En ce 16 septembre 1959, les éléments se sont déchaînés sur la commune.

Nous n'avons trouvé dans les archives météorologiques aucune trace de cette perturbation qualifiée d'ouragan, de tornade, de trombe d'eau. Il s'agit sûrement d'un évènement climatique majeur, mais très localisé, qui est resté dans les mémoires. Les ruisseaux se sont transformés en torrent et les crues ont raviné les terres, détruit les murs, envahi certaines habitations.

Pour le maire de l'époque, Wilfrid Ortalo-Magné, qui vient tout juste d'être élu, il s'agit sûrement d'une première. Devant l'étendue des dégâts, il demande aux sinistrés d'établir une liste des biens touchés en mentionnant le montant du préjudice.

Les archives de la commune ont conservé ces documents émanant des habitants, essentiellement des cultivateurs. A lecture de ces témoignages, on comprend bien l'importance du phénomène, l'incidence qu'il a eu sur la vie quotidienne, le temps et l'énergie qu'il faudra pour remettre les parcelles, les bâtiments en état.

Au delà de cela, cette trentaine de documents permet, sans aucun jugement de valeur, d'évaluer les disparités sociales et culturelles des habitants. La façon de répondre, le papier employé, la formulation des phrases, l'estimation des montants sont autant d'indicateurs du niveau d'éducation ou du niveau de vie du scripteur. Certains de ces documents mentionnent également les références cadastrales des parcelles touchées.

Suivant la situation géographique et la superficie des biens touchés, l'évaluation du préjudice s'étale de 4.000 à 400.000 francs (ce qui équivaut à une fourchette de 6.500 à 650.000 euros).