Automobile

Quand est apparue l'automobile à Larnagol ? Voilà une question à laquelle il est difficile de répondre avec certitude et précision. Elle fait tellement partie de notre vie que même les plus anciens ont du mal à fixer précisément leur souvenir.

Ce ne sont pourtant pas les témoignages qui manquent.
Franck Loulmet nous indique que le premier propriétaire d'une voiture fut Albert Toulza en 1920 alors qu'il était maire de la commune.



A cette époque, les voitures « populaires » restent des machines bruyantes et pas très confortables. Leur vitesse de pointe se situe entre 60 et 80 km/h. EN 1921, le premier code de la route est rédigé et en 1922 nait officiellement le permis de conduire qui remplace le certificat de capacité qui existait depuis la fin du XIXe siècle.
Un document daté de 1930 nous apprend qu'il y avait alors 6 voitures, sans qu'on en connaisse les propriétaires. Marcel Lavastrou en possédait sûrement une, bien qu'il s'agisse plus d'un véhicule utilitaire que de tourisme. Pour les autres on peut penser qu'il s'agissait des personnes les plus aisées du village. En effet, même si le coût d'une voiture tend à baisser, il reste encore élevé. Par exemple en 1932, une Peugeot 301, qui reste un modèle moyen, coute 20.000 francs (1). Cela représente plus de 20 ans du salaire d'un ouvrier agricole à l'époque, ce qui reste encore considérable.

Quelques remarques tout de même à propos de ce qu'était alors la voiture :
• Le démarrage
Il ne suffit pas de mettre le contact. La plupart des modèles bon marché sont équipés d'une manivelle sous la calandre. Pour lancer le moteur, il suffit de la tourner vigoureusement plusieurs fois. L'ennui est que le processus est loin d'être silencieux...
• Le temps
90 % des modèles normaux sont des décapotables pleines de courants d'air. Par temps froid, le démarrage est encore plus difficile. Rouler sous la pluie n'est pas conseillé, pour une raison toute simple : les essuie-glaces n'existent que sur une toute petite minorité de voitures (sur certaines, ils sont actionnés à la main par le conducteur ou par son voisin de droite).
• Les routes
Tout dépend de l'endroit où vous vous trouvez, mais il reste des coins oubliés par le ministère des Ponts et Chaussées même dans les pays les plus civilisés. Bien entendu, les autoroutes n'existent pas. Les nationales ne sont encore que partiellement asphaltées, dans le meilleur des cas. Quant au reste... La suspension est souvent le point faible des voitures bon marché.
• Se repérer
Des guides et des cartes précis et adaptés aux automobilistes ne sont guère disponibles qu'aux USA et en Europe de l'Ouest (Rand & McNally aux USA, Michelin en France). Faire coïncider ce qui se trouve sur la carte avec le paysage est souvent très difficile. Les indications de distances, les flèches, les panneaux indiquant le nom des villes et villages et le numéro de la route en sont encore à un stade embryonnaire.
• L'essence
Les voitures des années 20 sont plus lourdes et beaucoup moins aérodynamiques que les nôtres. De plus, la notion « d'économie d'énergie » ne dit rien à personne. Elles engloutissent des quantités d'essence phénoménales. La plupart des grosses voitures ont de grands réservoirs, mais leur autonomie reste relativement limitée. Bien entendu, les stations-service sont beaucoup moins nombreuses qu'aujourd'hui.

Bien que cela soit arrivé plus tôt dans les grandes villes, on peut dire que l'automobile a commencé à s'implanter dans les campagnes comme à Larnagol entre 1930 et le début de la Seconde Guerre Mondiale. Cette machine bruyante, rapide, dangereuse, qui fonctionne seule partage la population entre passion pour les plus hardis et terreur pour les autres. Il faut dire que le saut est grand du cheval à l'automobile. Toutefois le véhicule reste rare à Larnagol :

André Fizames se rappelle de quatre propriétaires dans sa jeunesse ; on sait qu'il y en avait au moins 6, mais peut-être a-t-il omis ceux de Seuzac qu'il ne voyait pas souvent :



Peu à peu la voiture va s'implanter dans les campagnes avec son cortège d'accidents, de pannes, mais aussi avec la liberté, la commodité, la rapidité qu'elle apporte.
Michelin pour les routes et Citroên pour les agglomérations contribuent à faciliter la circulation en implantant une signalisation. Ainsi en 1928 la commune de Larnagol s'adresse au constructeur automobile pour des plaques émaillées indicatrices qui seront apposées dans le village.

  

A la fin des années 1930, on trouve dans les archives de la commune une demande de recolement des véhicules. On y trouve agrafées et manuscrite, la liste des propriétaires d'automobile en 1936 ou 1937 dont les noms suivent :
- Basile
- Cayrou
- Lavastrou
- Pons
- Dajean
- Lacam
- Toulza
- Lestang Jean
- Hug Albert
- Jamet Emile
Ce qui nous amène à 10 propriétaires à cette époque, sans compter les motos.

Quelques documents concernant l'automobile et issus des archives communales ci-dessous :

(1) Soit environ 13.000 en 2014