Redevance communale

Cette série de documents retrouvée dans les archives communales du début du XXe siècle a pour titre « Rôle des redevances communales ». Elle concerne les années 1911 et 1915 à 1923.

La présence de la colonne « Article du rôle foncier » laisse penser qu'il s'agit de la taxe foncière. Les matrices cadastrales des mêmes années nous donnent les bases de cotisation, mais pas le montant de l'impôt foncier.
De ces quelques documents épars, nous pouvons tirer quelques renseignements intéressants. Commençons par la somme totale de cette redevance :

Année Nombre Total Minimum Maximum
1911 147 200.17 0.14 13.69
1915 146 199.73 0.15 14.22
1916 146 199.73 0.15 14.22
1917 146 199.73 0.15 14.22
1918 146 199.73 0.15 14.22
1919 145 199.83 0.15 14.22
1920 145 199.83 0.15 14.22
1921 144 200.00 0.15 14.22
1922 138 200.00 0.15 14.80
1923 137 200.00 0.15 14.80

Le total de la redevance n'a pas augmenté entre 1911 et 1923, soit une période de plus de dix ans ; il a même légèrement baissé pendant la durée de la guerre, ce qu'on peut comprendre. Le nombre de redevables évolue peu, mais toujours à la baisse.
Individuellement, la redevance s'étale entre 14 centimes pour la plus basse et 14,80 francs pour la plus haute. Ces deux extrêmes cachent une réalité bien différente.
Un seul contribuable, Firmin Delluc, paie plus de 10 francs et ils ne sont que 18 (environ 12%) à payer plus de deux francs.
Les propriétaires restants se répartissent en 25% qui paient moins de cinquante centimes, 29% qui paient entre cinquante centimes et 1 franc et 33% qui paient entre 1 et 2 francs.

Cette répartition confirme que le village est plutôt pauvre ; Même si la très grande majorité des familles est propriétaire de son habitation, celle-ci est souvent très petite, comme en témoigne la grande proportion de faibles redevances.
Les redevances les plus basses correspondent aux petites maisons que l'on trouvait alors en grand nombre dans le bourg ; les plus hautes concernent les grandes propriétés, souvent des mas : mas de Paquet, mas de Bessac, mas de Conte, mas de Piché,...
Le montant de cette redevance est vraiment bas, y compris pour les plus pauvres. A titre de comparaison, le kilo de pain vaut à Paris 40 centimes en 1910 et 1,10 francs en 1920.

Au-delà de ces informations, ces documents nous en livrent d'autres :

  • Les métiers : les mentions sont rares mais on les trouve parfois pour compléter l'identification de la personne ; en 1915 Bosc Pierre fils charron, en 1916 Pons Jean cordonnier, en 1921 Girma Antoine cantonnier.
  • Les surnoms : ils sont nombreux et évidemment présents pour identifier clairement la famille. Cela vaut surtout pour les familles où il y avait de nombreuses branches ; les Pezet, les Breil, les Masbou, les Peyre.
  • Le domicile : Tous les redevables ne sont pas domiciliés à Larnagol. En premier lieu on trouve les villages voisins, Saint-Martin-Labouval, La Toulzanie, Saint-Chels,... Viennent ensuite des communes plus lointaines comme Montauban, Decazeville voire Bordeaux. Quand il ne s'agit pas de commune, le relevé nous donne plus de précision sur le lieu d'habitation, qu'il s'agisse d'un lieu-dit ou d'un mas.

 Vous pouvez retrouver ces documents dans les ECRITS ou en cliquant ici :