Les aides sociales (1)

Du XVIème au XVIIIème siècle les charges de bienfaisance et de secours sont assurées dans la limite de leur compétence et de leurs moyens, par des collectivités particulières, les communautés religieuses, les corporations, les confréries.

 

La Révolution reconnaît, d’une façon qui est restée théorique, le devoir de l’état d’assurer une assistance nationale. À partir de la fin du XIXème siècle et au début du XXème naît une législation sociale. Celle-ci comporte une législation d’assistance de portée générale (1893, assistance médicale gratuite ; 1905, assistance aux vieillards et aux infirmes) qui accorde une aide aux indigents quelle que soit leur origine socioprofessionnelle.

Quelle est la situation à Larnagol ? Nous en retrouvons quelques traces dans les archives communales et dans les délibérations du Conseil Municipal. Cependant il n’est pas toujours clair de comprendre s’il s’agit de la commune ou du Bureau de Bienfaisance. Plusieurs personnes font à la fois partie du Conseil Municipal et du Bureau de Bienfaisance et les délibérations des deux organismes sont rédigées sur les mêmes registres.

 

BUREAU DE BIENFAISANCE

Son rôle principal est d’apporter une aide aux indigents et aux familles nécessiteuses.

Voici quelques délibérations à ce sujet :

 Le 11 janvier 1880 : L’an 1880 et le 11 janvier les membres composant la commission administrative du Bureau de Bienfaisance de la commune de Larnagol, se sont réunis dans le lieu ordinaire de leurs séances en vertu de la convocation de M. le maire autorisé par M le Préfet.

Présents : MM. Delluc maire président, Salhant curé, Bessac Antoine, Cavalié Jean, Pezet Jean Pierre, Vinel Joseph propriétaire et Vinel Gustave notaire.

M. le président a donné lecture à la commission de la lettre de M. le Préfet qui annonce que le comité départemental a alloué une somme de 80 francs au bureau de bienfaisance pour être distribuée aux indigents de la commune pendant la mauvaise saison. Il invite ensuite la commission à délibérer sur la répartition de cette somme, conformément aux instructions du comité départemental et de M. le Préfet.

Sur quoi la commission

Vu la lettre de M. le Préfet et l’exposé de M. le président, considérant que la somme de 80 francs allouée au bureau de bienfaisance pour les indigents pendant la saison rigoureuse sera plus profitable distribuée en nature qu’en numéraire, délibère

1°  que la somme de 80 francs allouée au bureau sera répartie conformément à l’état nominatif ci-dessous en pain dont le montant sera évalué en argent

2°  et charge M Chalou Jean Pierre, adjoint au maire de Larnagol de faire cette distribution en pain, et de fournir un état nominatif conforme à l’état ci-dessous, avec le montant en argent de la valeur ou secours en pain afférent à chaque indigent

Etat nominatif des indigents à secourir en pain évalué en argent

1  Boissonnade Jeanne de Seuzac     3 F 50
2  Calmettes Jean                               3 F 50
3  Delluc Jean Louis                          3 F 50
4  Desplas Pierre                                3 F 50
5  Baccou Justin                                 3 F 50
6  Courréjous Jacques                        3 F 50
7  Delpouget Antoine                        3 F 50
8  Fizames Jacques à Drulhes            3 F 50
9  Gros Joseph                                               3 F 50
10  Larnaudie Jean Louis                   3 F 50
11  Vialatte Jean Pierre                                  3 F 50
12  Bonnet Joseph                             3 F 50
13  Bonnet Pierre                               3 F 50
14  Rousset Jacques dit Marty                      3 F 50
15  Rougés (espagnol)                                   3 F 50
16  Larnaudie Louis, gendre Hirondelle       3 F 50
17  Andrieu Marie, veuve Peyre                    2 F 00
18  Cancé Guinot ?                            2 F 00
19  Gimbergues Jacques                    2 F 00
20  Gimbergues Marie, veuve Bassoul          2 F 00
21  Issaly Pierre Paul                         2 F 00
22  Larnaudie Marie                          2 F 00
23  Larnaudie Joseph                         2 F 00
24  Pradié François                            2 F 00
25  Carles Jean                                               2 F 00
26  Carles Auguste                            2 F 00
27  Favarel Pauline                            2 F 00
28  Pons Léon                                    2 F 00

Le 28 décembre 1919 : élection de Breil Jean et Laubart Jules comme délégués du Bureau de Bienfaisance

Le 22 février 1925 : le conseil approuve l’arrêté de M le Prefet fixant : à 409,87 F le traitement du Receveur municipal et à 11,48 F le traitement du Receveur du Bureau de bienfaisance.

Le 28 juin 1925 : élection de 2 délégués du Bureau de bienfaisance Ayral Rémy 9 voix  et  Breil Jean 9 voix

Le 19 mai 1929 : élection de 2 délégués à la C.A du Bureau de Bienfaisance Breil Jean 11voix         élu ;  Forestié Gabriel 11 voix élu ;          Lavastrou 1 voix

Le 15 novembre 1931 : Don de M. Raymond Subes

Le président fait connaître que Monsieur Subes propriétaire du château de Larnagol fait don au Bureau de Bienfaisance d’une somme de 2300 francs sans condition ni destination définie. La commission unanime a adressé à M. Subes ses plus vifs remerciements avec l’assurance de ses sentiments bien reconnaissants, accepte le don et prend délibération pour servir de titre de recette au Receveur du Bureau de Bienfaisance ; décide afin d’augmenter les ressources annuelles du Bureau d’affecter sur la somme donnée 1500 francs à l’achat de rentes sur l’Etat ; autorise le Receveur du Bureau à procéder à cet achat.

Le 20 février 1938 : Don de Mme Léonie Vinel

Don de 1000 F au Bureau de Bienfaisance par Léonie Vinel : Le président donne lecture d’une lettre de Mme Léonie Vinel faisant don de 1000 F au Bureau de Bienfaisance. Le Conseil enregistre et adresse ses remerciements émus à la mémoire de Mme Léonie Vinel avec l’assurance de ses sentiments bien reconnaissants.

ASSISTANCE MEDICALE GRATUITE

La loi du 15 juillet 1893 crée l’assistance médicale gratuite (AMG). Elle permet aux plus pauvres de bénéficier de soins de santé gratuits. Elle est gérée par la municipalité. Voici quelques éléments trouvés au fil des archives de la commune.

 Le 24 décembre 1898 : assistance médicale gratuite ; suit une liste de 53 personnes. (Enfants et personnes âgées).

Le 21 décembre 1913 : le C.M. examine les demandes d’assistance médicale.

Demande d’admission à l’assistance médicale formée par Elise C. femme C. Le conseil considérant que Elise C est privée de ressources, qu’elle est malade depuis longtemps, que son mari la seule personne valide de la famille a en outre en charge son père âgé de 82 ans et deux enfants en bas âge, décide de l’inscrire sur la liste de l’assistance médicale.

Le sieur G. Antoine, privé de ressources se trouve dans la même situation que lorsqu’il fut admis à l’assistance retraite, décide de l’inscrire sur la liste d’assistance aux vieillards et fixe à 6 F par mois le chiffre de l’allocation à lui servir.

Expose ensuite que V. Marie, G. Caroline, A. Natalie, C. Auguste, C. Jean Baptiste et M. Adeline, vieillards assistés de la commune sollicitent une augmentation de leur allocation mensuelle.

Pour V. Marie épouse P., alitée depuis 2 mois, 10 F par mois

Pour G. Caroline, malade depuis longtemps, 78 ans, 10 F par mois

Pour A. Natalie infirme, ne peut se livrer à aucun travail, 6 F par mois

Pour C. Auguste, complétement infirme, ne peut travailler, 7 F par mois

Pour C. Baptiste tout à fait impotent, ne peut travailler, privé de ressources, 12 F par mois

Pour M. Adeline, infirme, privée de ressources, son fils depuis longtemps malade, 7 F par mois

Pour G. Clément, privé de ressources, 6 enfants de moins de 13 ans, décide de l’inscrire pour 3 allocations

Pour S. Jean Auguste, privé de ressources, 4 enfants de moins de 13 ans, allocation

Le 8 avril 1917 : le C.M. examine une demande d’assistance médicale :

M. le maire communique au Conseil une demande sollicitant l’octroi d’un corset de maintien pour la nommée Marthe F., âgée de 10 ans, inscrite sur la liste d’assistance médicale gratuite sous le N° 17. Un certificat de M le docteur Couderc de Limogne constatant que la susnommée a absolument besoin d’un corset de maintien par suite de déviation de la colonne vertébrale. Le Conseil, après examen, considérant que la famille de F. Firmin, composée de huit personnes est sans ressources, décide à l’unanimité qu’il y a lieu de mettre à la charge de la commune la part contributive de celle-ci dans le montant de la dépense. »

En 1923 : le conseil examine deux demandes :

1°) Le Maire donne connaissance au Conseil d'une demande d'assistance médicale gratuite formée par F. Rémy en faveur de sa  femme née F. Elise qui est sur le point d'accoucher et de sa  fille Agnés Antonia âgée d'un an dont l'état de santé demande des soins particuliers, étant menacée de déviation de la colonne vertébrale. Le conseil considérant que F. Rémy mutilé de guerre est privé de ressources, qu'il a à sa charge une fille âgée d'un an, que l'état de santé de sa femme nécessite des soins particuliers, que sa fille malade a besoin de soins particuliers , à l'unanimité décide d'inscrire la jeune F. Agnés Antonia et F. Elise sur la liste d'assistance médicale gratuite avec le N° 27

2°) Le maire expose qu’il a reçu une demande d’admission à l’assistance médicale gratuite formée par F. Firmin métayer en faveur de sa fille F. Denise âgée de 11 ans. Le conseil considérant que F. Firmin est privé de ressources, qu’il est lui-même infirme et chargé de famille, que sa fille Denise est maladive et qu’il convient de lui donner les soins que nécessite son état de santé, à l’unanimité décide de l’inscrire sur la liste d’assistance médicale gratuite.

Le 2 février 1930 : toujours pour l’assistance médicale gratuite, le C.M. procède à une révision de la liste contenant 12 personnes réparties en 4 catégories.

Le 9 juillet 1932 : le conseil est saisi d’une demande d’hospitalisation aux frais de l’assistance de B. Justin émanant de la famille. Le conseil vu l’avis de la C.A du bureau d’assistance, considérant que B. Justin quoique âgé de 83 ans n’est pas dépourvu de ressources, attendu qu’il perçoit une pension d’ascendant de guerre et une pension R.O.P d’assuré obligatoire, que ses enfants sont bien à même de l’assister, décide à l’unanimité de rejeter la présente demande

Le 10 janvier 1937 : Examen de la liste A.M.G ; les catégories y sont bien précisées.

Liste I :

1° catégorie, assistance totale

2° catégorie, assistance médicale seule

3° catégorie, assistance pharmaceutique seule

4° catégorie, assistance hospitalisation seule

Liste II :

1° catégorie, hospitalisation seule

2° catégorie, indigents, assistance totale

Le 14 avril 1944 : On trouve encore une demande d’assistance médicale gratuite de P. Simon …le conseil considérant que la situation de M P. est très digne d’intérêt, que parti pour le S.T.O en Allemagne en juin 1943, il a été rapatrié 3 mois après pour maladie grave, que son état de santé nécessite des soins immédiats et énergiques et que les ressources paraissent bien minimes … avis favorable.

Le 22 janvier 1950 : on trouve, sauf erreur, la dernière révision des listes d’assistance

1°) Assistés non bénéficiaires des assurances sociales

assistés admis aux soins gratuits complets (médicaux, pharmaceutiques, hospitalisation) 

6 personnes y figurent

assistés admis aux soins médicaux seulement ; néant

assistés admis à la gratuité des médicaments seulement ; néant

2°) Assistés bénéficiaires des assurances sociales ; néant

PRATICIENS

Au fil des années, différents praticiens sont mis à contribution pour valider l’état de santé des demandeurs et fournir prestations et médicaments. Ils sont rétribués par la commune :

En 1914 : M. Couderc médecin et pharmacien, M. Vernet médecin et pharmacien, Mme Laubart sage-femme.

En 1922 : docteur Aymard médecin, docteur Vernet médecin, Melle Laubard sage-femme

En 1923 : M Aymard médecin et pharmacien, M Couderc médecin et pharmacien, M Vernet médecin et pharmacien, Melle Laubard sage-femme

En 1925 : M Aymard médecin et pharmacien, M Lasaygues médecin et pharmacien, Melle Laubard sage-femme, M Fournie pharmacien

En 1926 : M Aymard médecin et pharmacien, M Lasaygues médecin et pharmacien, M Larnaudie médecin

En 1927 : M Aymard médecin et pharmacien, M Lasaygues médecin, M Bergougnioux

En 1928 : M Aymard médecin et pharmacien, Mme Brunet-Valette sage-femme,

En 1929 : M Aymard médecin et pharmacien, M Alibert médecin, M Bergounioux pharmacien

En 1933 : M Alibert médecin et pharmacien, M Aymard médecin et pharmacien

En 1934 : Mme Brunet sage-femme, M Alibert pharmacien, M Aymard médecin

En 1936 : Aymard docteur et pharmacien, Delmas pharmacien, Couderc docteur

En 1936 : Alibert docteur, Aymard docteur et pharmacien, Couderc docteur, Delmas pharmacien, Mme Loudes pharmacienne

GUERRE

Les périodes de guerre, tant la Première que le Deuxième, sont bien sûr l’occasion d’un accroissement des demandes d’aides médicales. Les hommes sont partis et beaucoup de famille disposent de peu de revenus, voire aucun.

Vous pouvez consultez une série de documents concernant ces périodes en suivant ce lien.

Article rédigé sur la base d'un document d'André Fizames et publié avec son accord